Qu'est-ce que la lumière bleue ?
La lumière bleue correspond aux rayonnements de courtes longueurs d'onde (380 à 500 nm) du spectre lumineux visible. Elle est émise naturellement par le soleil mais aussi par les sources lumineuses artificielles, en particulier les diodes électroluminescentes (LED).
La lumière bleue est nocive de 380 à 455 nm et bénéfique de 455 à 495 nm.
Selon l'ANSES, l'exposition de la population à la lumière bleue a fortement augmenté ces dernières décennies, en raison de la généralisation des éclairages et écrans à LED.
ANSES – LED : les recommandations de l'Anses pour limiter l'exposition à la lumière bleue, 14 mai 2019.
Les conclusions de l'expertise ANSES 2019
Toxicité rétinienne avérée en exposition aiguë
L'ANSES confirme, sur la base de l'analyse de plus de 600 publications scientifiques, que l'exposition aiguë à une lumière riche en bleu est phototoxique et peut provoquer des dommages cellulaires irréversibles de la rétine.
Les spectres actuels des LED utilisées en éclairage sont très appauvris en lumière rouge par rapport à la lumière du jour, ce déséquilibre spectral favorisant le stress oxydatif rétinien.
ANSES – Avis et Rapport relatif aux effets des LED sur la santé humaine, mai 2019.
Effets chroniques : un risque à surveiller
L'ANSES souligne que les données actuelles ne permettent pas encore de quantifier précisément le risque de pathologies oculaires lié à une exposition chronique à faible dose (écrans de smartphones, ordinateurs).
Toutefois, l'Agence considère que les valeurs limites d'exposition actuelles (ICNIRP) pourraient ne pas être suffisamment protectrices, certains auteurs estimant qu'elles sont supérieures d'un facteur 20 par rapport à des valeurs protectrices.
Perturbation des rythmes circadiens
L'expertise met en évidence qu'une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu le soir ou la nuit perturbe les rythmes biologiques et le sommeil, principalement par la suppression de la sécrétion de mélatonine.
Le Ministère de la Santé, reprenant les recommandations de l'ANSES, conseille de limiter l'exposition des enfants à la lumière bleue des écrans avant le coucher.
Ministère de la Santé – Effets sur la santé de l'exposition à la lumière bleue.
Lumière bleue et DMLA
L'Inserm, dans ses recherches menées au sein de l'Institut de la Vision (Paris), a identifié avec précision les longueurs d'onde de la lumière bleue responsables de la mort des cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien.
Le chercheur Inserm a notamment démontré que la toxicité est liée à l'accumulation de lipofuscine, un composé qui absorbe la lumière bleue et provoque un stress oxydatif cellulaire.
Cette découverte a permis le développement de verres filtrants ciblés, ne privant plus les patients atteints de DMLA de l'ensemble de la couleur bleue.
Inserm – DMLA : quelles sont les ondes lumineuses responsables de la perte de la vision ?
Arnault E. et al. Phototoxic Action Spectrum on a Retinal Pigment Epithelium Model of Age-Related Macular Degeneration. PLoS One. 2013;8(8):e71398.
Populations vulnérables
L'ANSES insiste sur le fait que les enfants et les adolescents constituent une population particulièrement sensible : leur cristallin, encore très clair, filtre moins efficacement la lumière bleue que celui des adultes.
De plus, les personnes atteintes de certaines maladies oculaires (DMLA, absence de cristallin) présentent une vulnérabilité accrue.
Les moyens de protection
Concernant les dispositifs de protection (verres filtrants, filtres pour écrans, mode « lumière bleue » des systèmes d'exploitation), l'ANSES souligne que leur efficacité est très variable et que leur capacité à préserver les rythmes circadiens n'est pas prouvée.
En revanche, la diminution de la température de couleur (passage au blanc chaud) et de la luminosité des écrans a montré une certaine efficacité.
Le rôle protecteur de la lutéine et de la zéaxanthine
L'Inserm rappelle que la lutéine et la zéaxanthine, deux pigments caroténoïdes concentrés dans la macula, agissent comme des filtres naturels de la lumière bleue et comme des antioxydants protégeant les cellules rétiniennes du stress oxydatif.
L'étude AREDS2 (NEI/PubMed, 2022, suivi à 10 ans) a confirmé que la supplémentation en lutéine/zéaxanthine est associée à une réduction significative du risque de progression vers la DMLA avancée (HR 0,85 ; IC 95 % : 0,73-0,98) par rapport au bêta-carotène, sans augmentation du risque de cancer du poumon.
Chew EY et al. AREDS2 Report 28. JAMA Ophthalmol. 2022;140(7):692-698. PubMed PMID: 35653117. ClinicalTrials.gov: NCT00345176.
Le complément alimentaire Ophtalmic Kelior DHA associe DHA, lutéine et zéaxanthine pour contribuer à la protection de la rétine face au stress oxydatif et au vieillissement oculaire, en complément des mesures de prévention recommandées.
Avertissement
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif. Elles ne sauraient se substituer à un avis, un diagnostic ou un traitement médical dispensé par un professionnel de santé qualifié (ophtalmologiste, médecin, pharmacien).
En cas de symptômes persistants, consultez un professionnel de santé.
Les compléments alimentaires ne peuvent se substituer à une alimentation variée, équilibrée, et à un mode de vie sain.
Sources
[1] ANSES – Avis et Rapport LED et lumière bleue, 14 mai 2019.
[2] Ministère de la Santé – Exposition à la lumière bleue.
[3] Inserm – DMLA : ondes lumineuses responsables.
[4] Arnault E. et al. PLoS One. 2013;8(8):e71398.
[5] Chew EY et al. AREDS2 Report 28. JAMA Ophthalmol. 2022;140(7):692-698. PubMed PMID: 35653117.
[6] Inserm – Réduire le risque de DMLA par l'alimentation méditerranéenne.
[7] ANSES – Valeurs limites d'exposition à la lumière bleue, 2021.